Développement économique de l'Arc Jurassien

Fin 2005, l’économie marchande de l’Arc jurassien compte 91 200 établissements, dont les trois quarts dans le secteur tertiaire. Cette activité regroupe davantage de petites unités (moins de 10 salariés) que la moyenne. En effet, elle nécessite des moyens généralement moins importants que la construction ou l’industrie. Dans ce dernier secteur, 6% des établissements emploient 50 personnes et plus, contre 2% dans l’ensemble des secteurs de l’Arc jurassien.La répartition des établissements selon leur taille et leur secteur d’activité est assez proche des deux côtés de la frontière. Cependant, l’Arc jurassien suisse affiche, en moyenne, des établissements plus grands : la proportion d’unités de 50 personnes et plus est de 2,7% contre 1,4% en Franche-Comté.
Entre 1995 et 2005, le parc d’établissements de l’Arc jurassien a globalement progressé de +2%. Cette croissance repose uniquement sur le tertiaire, dont le nombre d’établissements s’accroît de 3,5% en dix ans, alors qu’il baisse de – 2,5% dans le secondaire. Cette évolution est différente dans les deux territoires : le nombre d’établissements a progressé de 11% côté français alors qu’il a diminué de 6% dans l’Arc jurassien suisse. Celui-ci a perdu de nombreux commerces et entreprises de construction, en plus d’établissements industriels mais cette diminution n’a pas empêché l’emploi total de croître légèrement en dix ans. En Franche-Comté, la croissance du parc s’appuie sur le développement du tertiaire, le nombre d’établissements baissant légèrement dans l’industrie et la construction.De 1999 à 2004, 4 470 créations ex nihilo d’entreprises interviennent chaque année dans l’Arc jurassien. Réparties quasiment à égalité entre les deux territoires, celles-ci se situent surtout dans le tertiaire. Des deux côtés de la frontière, les taux de survie à quatre ans sont plus élevés qu’en moyenne nationale, témoignant peut-être de l’existence de conditions favorables au maintien et au développement des entreprises.
Fin 2005, l’Arc jurassien compte 975 000 emplois : 525 000 dans l’Arc jurassien suisse et 450 000 en Franche-Comté. En dix ans, le nombre total d’emplois a progressé de 5%. Cette augmentation, plus marquée en Franche-Comté que dans l’Arc jurassien suisse, s’est accompagnée d’une féminisation de l’emploi. La structure de l’emploi de l’Arc jurassien reflète la tradition industrielle du territoire et sa spécialisation : industrie automobile ou lunetterie côté français, horlogerie et mécanique de précision des deux côtés de la frontière. Les secteurs phares des territoires ont connu des évolutions contrastées : entre 1995 et 2005 l’industrie automobile comtoise perd 14% de ses effectifs (– 4 100) alors que, dans l’Arc jurassien suisse, l’horlogerie a vu ses effectifs progresser de 20% (+3 500). Dans l’ensemble de l’Arc jurassien, les activités tertiaires continuent leur progression en particulier dans les services dont les emplois progressent plus fortement en Franche-Comté que dans l’Arc jurassien suisse.Depuis le début de l’année 2006, l’emploi de l’Arc Jurassien suisse est en forte progression, en particulier dans le secondaire. Sur l’ensemble de l’année 2006, l’emploi salarié franc-comtois a augmenté de 0,1% grâce aux croissances observées dans les services et la construction.Au 1er trimestre 2007, 26 400 frontaliers travaillent dans l’Arc jurassien suisse, soit 5% des emplois. Entre 2002 et 2007 le nombre de frontaliers a progressé de 30%. En juin2006, le nombre des frontaliers habitant en Franche-Comté est estimé à 18 000.Depuis 2000, le chômage, qui évolue de façon relativement similaire entre les deux territoires, a crû de façon marquée, malgré l’amélioration observée sur la période 2005-2006. Les jeunes éprouvent plus qu’ailleurs des difficultés à s’insérer sur le marché du travail, alors que les réductions d’effectifs ont touché les salariés des autres tranches d’âges. Le nombre de chômeurs de longue durée a également progressé des deux côtés de la frontière. L’économie de l’Arc jurassien est fortement présente sur les marchés extérieurs, avec des produits industriels confrontés de plus en plus à la compétition internationale : véhicules en Franche-Comté et horlogerie et matériel de précision dans l’Arc jurassien suisse. La Suisse et la France ont deséchanges commerciaux privilégiés, ceux-ci étant encore plus intenses entre la Franche-Comté et la Suisse d’une part et entre l’Arc jurassien suisse et la France d’autre part.