Synthèse 2008: Evolution récente de l'Arc Jurassien

Depuis 1999, la Suisse et l’Union Européenne (UE) ont conclu un ensemble d’accords dont une des caractéristiques particulières est d’introduire dans l’espace concerné une libre circulation des personnes (ALCP) à l’horizon de 2014.
Dès juin 2002, grâce aux accords bilatéraux, l’égalité de traitement entre les travailleurs suisses et la main-d’œuvre communautaire est garantie. Une réglementation transitoire spéciale à l’égard des nouveaux pays adhérents d’Europe de l’Est reste en place. Celle-ci vise à une ouverture progressive du marché du travail suisse vis-à-vis des travailleurs des nouveaux États membres ainsi que la mise en place de mesure de protection des travailleurs suisses.
Depuis le 1er juin 2004, des mesures d’accompagnement visent à éviter que les entreprises et travailleurs étrangers ne pratiquent une sous-enchère salariale et sociale par rapport au standard suisse. Elles constituent une protection supplémentaire pour le marché du travail suisse. L’évaluation de la situation est faite régulièrement par les autorités suisses. Dans le même temps, la situation de l’économie suisse s’est fortement améliorée dans de nombreux secteurs économiques en 2004 puis de façon plus marquée en 2007. Face à des difficultés de recrutement de main-d’œuvre locale, les entreprises ont pu directement ou par l’intermédiaire de prestataires faire appel au personnel dont elles avaient besoin.
La conjoncture économique favorable et la mise en place des accords ont eu un impact important sur l’économie suisse mais aussi sur celle des régions françaises limitrophes. Cependant, il n’est pas possible de différencier de façon suffisamment claire et explicite ce qui ressort de l’amélioration conjoncturelle intervenue côté suisse ou des effets des accords bilatéraux. Pendant cette phase de conjoncture haute, le recours au travail frontalier et aux annonces de travailleurs européens3 s’est développé. La mise en oeuvre effective de la libre circulation des personnes a pu se traduire par une attractivité forte de certains territoires, dans l’Arc jurassien suisse et plus encore dans l’espace transfrontalier franco-valdo-genevois.
Bien que l’Arc jurassien possède la plus longue frontière entre la France et la Suisse, les dynamiques démographiques et économiques observées dans la période récente restent en retrait de celles en œuvre autour de Bâle ou de Genève. Autour de cette dernière zone, des arrivées nombreuses en provenance des autres régions françaises sont enregistrées. De ce fait, malgré des rythmes de construction élevés, des tensions sur le marché du logement y persistent depuis longtemps. Des installations relativement nombreuses de Suisses (environ 2 000 par an en moyenne4) en France sont enregistrées ; elles ont souvent pour effet d’augmenter localement le coût de l’immobilier compte tenu de l’arrivée de population à forts revenus.
Pour l’instant, pour des raisons de taille de population et de géographie, la Franche-Comté ne semble pas encore être concernée par ce phénomène. Les résultats complets de la première vague d’enquêtes de recensement de la population, publiés à partir de la fin 2008, permettront de mesurer les installations récentes de Suisses dans la région ; voire leur effet sur l’évolution de la population dans l’Arc jurassien suisse.
Depuis 2004, le chômage recule dans l’ensemble de l’Arc jurassien tandis que certaines offres d’emploi ne trouvent pas preneur. À terme, cette situation pourrait aboutir à une pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs, en particulier dans la frange frontalière de l’Arc jurassien très industrialisée et qui connaît, côté français un taux de chômage inférieur à la moyenne nationale. Par ailleurs, la présente publication propose une vision récente de la construction et du trafic transfrontalier dans l’Arc jurassien.

Fichiers :
Synthese_2008.pdf2.9 M