Diagnostic socio-économique du projet du Parc du Doubs franco-suisse

Espaces de montagne situés au cœur de l’Arc jurassien, de part et d’autre du Doubs, qui marque la frontière, les deux territoires de projet de Parc naturel régional, l’un côté français et l’autre côté suisse, présentent un caractère rural prononcé, avec une densité de population modeste, si l’on excepte les villes de La Chaux-de-Fonds et du Locle.

Les deux territoires sont fortement imbriqués dans leur fonctionnement économique. La présence d’un bassin d’emploi en Suisse, principalement localisé au Locle et à La Chaux-de- Fonds, et d’un bassin de main-d'œuvre en France donne lieu à une véritable synergie. Le développement de l’emploi dans la partie suisse (+ 550 emplois par an en moyenne entre 2000 et 2008), porté par la dynamique de l’horlogerie et plus largement de l’industrie, attire de plus en plus de frontaliers et engendre un regain d’attractivité résidentielle dans la partie française. Cela entraîne cependant une augmentation rapide des navettes domicile-travail, induisant un engorgement routier aux heures de pointe, source de nuisances.

Le renouveau démographique de la partie française (croissance de la population de +0,9 % par an en moyenne entre 2000 et 2008) s’accompagne d’un développement rapide de la maison individuelle, synonyme d’étalement urbain et d’accroissement de la pression foncière. Les évolutions démographiques entraînent aussi des déséquilibres sociétaux. Les parties française et suisse du territoire de projet sont soumises à de fortes différences de législation nationale, de niveau de rémunération et de coût de la vie. Malgré une vocation à ne former, au-delà de la frontière qui les délimite, qu’un seul et même territoire transfrontalier, des fonctionnements socio-économiques spécifiques.